France Leduc, l’organisatrice du Main Square Festival, est actuellement un peu énervée. Ça ne surprendra pas qui connaît un peu ce petit bout de femme non pas branché sur du 220 V, mais sur un pack de douze centrales nucléaires.
Les contraintes liées aux dimensions de la programmation et du nouveau site d’accueil du festival, pèsent déjà de tout leur poids. « Mon problème, c’est garer Pink derrière Rammstein. Mais on va y arriver », sourit France Leduc. La logistique matériel des deux groupes, qui se suivent sur scène, n’est pas une mince affaire à gérer.
Un détail parmi d’autres. Dont le budget. « Je ne le connais pas », signale-t-elle, probablement en guise de pirouette. Elle garde seulement en tête le fait qu’il sera compliqué à boucler. France Leduc jure qu’il faudra se battre pour parvenir à l’équilibre. C’est pour cela qu’elle a sollicité, comme l’an dernier, des subventions du conseil général du Pas-de-Calais et du conseil régional. Après plusieurs rencontres avec Catherine Génisson, vice-présidente en charge de la culture au conseil régional à la culture, la somme de 100 000 E est loin d’être obtenue. « Comme j’ai eu les subventions l’an dernier, je suis partie cette année en pensant que je les aurais encore », expose France Leduc. « Si on gagnait des fortunes, je ne demanderais pas cette subvention, je ne suis pas comme ça. Mais là, j’en ai besoin », décrit France Leduc, pour qui 35 000 festivaliers le soir du concert de Rammstein ne suffisent pas à couvrir l’ensemble des frais. Si le conseil général semble prêt à participer une nouvelle fois, ce ne semble pas être le cas du conseil régional. « L’année dernière, la subvention a été versée au titre de la communication. Pas sur le budget culture, rappelle Catherine Génisson. Au conseil régional, nous trouvons le Main Square tout à fait important, positif et intéressant. Mais c’est une manifestation privée avec des fonds énormes. On s’est posé la question de l’intérêt, ou pas, de mettre de l’argent public, ou pas, dans cette manifestation. » Catherine Génisson imagine, vu l’importance prise par le festival, et l’importance des têtes d’affiche, « qu’il peut y avoir un équilibre entre dépenses et recettes.
» L’an dernier, l’octroi de subvention avait été conditionné : « Que le festival prenne en compte le développement durable, et devienne un éco-festival, et ça n’a pas été tout à fait respecté. Et qu’un effort soit fait sur le prix des places sur des publics visés. Il y a un manque de visibilité du respect des objectifs », estime Mme Génisson. « Compte tenu de notre cadre budgétaire, on s’oriente vers un non octroi de subvention », lâche-t-elle : « Ce n’est pas de la compétence de la politique culturelle de la région. C’est la position de l’exécutif, signale la conseillère régionale. Compte tenu de notre cadre financier, de la qualité de la programmation, l’argent public est sans doute moins nécessaire. Ce n’est pas contre France Leduc. Le Main Square est une grande manifestation. » Un blocage, qui a déjà fait sortir France Leduc de ses gonds, estimant que les bénéfices du rayonnement de la région par le biais du festival vaudraient bien davantage que 100 000E. •
BENOÎT FAUCONNIER


















